19.10.2007

LA PEUR DE L'AUTRE

 Nou vivons hélas une trés belle époque:
"C'est avec tristesse et colère que nous vous transmettons l'affreuse nouvelle qui vient de tomber en pleine mobilisation pour le droit d'association des personnes LGBT en Turquie et ailleurs.
Deux camarades trans assassinées, une gravement blessée. Tristesse pour elles et pour leurs proches, colère du fait de la si grande fréquence de ces meurtres transphobes en Turquie mais aussi partout dans le monde, y compris en France. En Turquie, ce sont principalement les médias qui alimentent la haine transphobe, dépeignant les trans comme des terroristes et des objets sexuels. Ailleurs, par exemple en France, ce sont les corporatismes de la médecine et de la psychiatrie qui les désignent comme des malades mentales/aux. Et partout, des états qui mettent en oeuvre des politiques transphobes, parfois de manière hypocrite. Nulle part les personnes trans ne jouissent pleinement de leurs droits à l'instar des autres citoyenNEs. Et tout ceci encourage la transphobie au quotidien et les crimes de haine.
A Istanbul, les trans sont très nombreuses. Elles viennent de toutes les régions de la Turquie et la plupart viennent des campagnes. Elles sont très présentes dans les luttes LGBT et féministes, et nombreuses au sein de l'association Lambaistanbul. La plupart sont travailleuses du sexe, la transphobie entravant leur accès à d'autres professions. Elles sont fréquement agressées, dans la rue, et jusque dans leur maison, et la police les harcèle. Celles que nous avons rencontrées à l'occasion de la Gay Pride d'Istanbul nous ont impressionées. Déterminées, dynamiques, organisées, créatives, mais aussi extrèmement chaleureuses.

Nos pensées vont à M.U.M et à S.D, assassinées, à leurs proches, à F.D, gravement blessée et à toutes nos camarades trans de Turquie et d'ailleurs.

Judith, féministe, pour Scumlambda."


"Communiqué de Lambdaistanbul du 16 Octobre 2007
COMBIEN DE MORTS FAUT-IL ENCORE ?

La semaine dernière les agressions contre les personnes lesbiennes, gays, bisexuelles et transgenres (LGBT) ont augmenté : deux personnes ont été assassinées tandis qu'une autre a été hospitalisée.
Mercedi soir 3 Octobre, le corps sans vie de notre amie M.U.M., qui travaillait comme DJ dans un bar à Beyoglu, a été retrouvé par l'unE de ses proches amiEs dans son appartement à Nisantasi, quelques heures après son décès. La police qui à mené l'enquête à trouvé M.U.M. nue dans son lit et a conclu qu'elle a été assassinée; sa gorge avait été tranchée et son corps présentait plusieurs marques.Son ordinateur et son téléphone portables ont été volés.
De plus, le vendredi 6 au matin, nos amiEs S.D et F.D ont invité chez elles des clients qu'elles ont rencontrés à Tarlbasi, et après avoir eu une dispute, elles ont toutes deux été victimes de violentes attaques de la part de ces clients; ainsi S.D a été assassiné, la gorge tranchée. F.D qui a été rattrapée par les meurtriers alors qu'elle tentait de s'enfuir a reçu des coups mortels à la nuque et sur d'autres parties de son corps puis abandonnée par les agresseurs qui la croyaient morte. Après un coma de plusieurs jours, quand F.D a finalement repris conscience, elle a donné une desciption à la police afin de dresser le portrait robot des meurtriers.

Jusqu'en octobre 2007, en dehors des crimes mentionnés plus haut, 14 autres cas d'aggression et de meurtres en Turquie ont été signalés dans les médias. De plus, on ne connait pas le nombre de cas qui n'apparaissent pas dans les journaux. Même le peu d'information qu'on a est suffisant pour donner une idée de la fréquence des crimes de haine homophobe et transphobe. Nous devons touTEs prendre le temps de réfléchir à ce problème. Nous devons nous demander comment une telle haine a pu se répandre dans notre société. Comment contribuons-nous à cette situation de manière consciente ou inconsciente ? Somme-nous indifférentEs à tout cela ? L'existence des personnes transgenres est-elle pour nous une réalité si troublante qu'il est difficile de l'assumer ? Voulons-nous que nos municipalités ramassent tous les enfants des rues, tous les chiens et toutes les personnes transgenres dans le but d'emmener ces « indésirables » quelque part ailleurs, loin des yeux d'invités étrangers; voulons-nous que nos villes soient « nettoyées » comme comme nous en avons déjà été témoins en 1996 pendant le Processus d'Habitat à Istanbul ? Ces questions peuvent être difficiles à affronter. Cependant si nous trouvons des réponses à ces questions, à la lueur de celles-ci, nous pourrons non seulement faire pression sur les autorités pour les obliger à assumer leurs devoirs qui sont de protéger la vie et la dignité humaine mais aussi nous pouvons commencer à exiger que les vies soient épargnées, au nom de notre dignité humaine.
 

Au cours du processus de préparation d'un nouveau code pénal en turquie en 2004, Lambdaistambul et Kaos GL avaient éxigé que la discrimination sur la base de "l'orientation sexuelle" et de "l'identité sexuelle" soient punie ; elles/ils avaient organisé des campagnes et rencontré les membres du parlement turc pour présenter leur revendications.
Par exemple, selon l'article du code pénal turque « provocation dénaturée », qui n'a pas beaucoup changé dans le nouveau code pénal (« acte dénaturé »), en dépit de notre opposition; une personne qui assassine une personne LGBT peut aisément bénéficier de la « déduction de pénalité » (circonstances atténuantes) en avançant comme justification le cliché : « elle/il m'a proposé une relation sexuelle perverse (anale) ». C'est pourquoi les « crimes de haine » doivent être particulièrement bien définis dans les lois et des mesures spéciales doivent être prises.
En tant qu'organisations LGBT nous essayons aussi d'introduire « l'orientation sexuelle » et « l'identité de genre » dans l'article 10 (qui maintient l'égalité de tous les citoyens au regard de la loi) de la nouvelle constitution qui est depuis peu en préparation.

Cela ne fait qu'empirer la situation quand les médias se comportent comme d'hypocrites gardiens de la morale publique tout en présentant les personnes LGBT comme des objets sexuels et comme un élément qui ruine les valeurs morales et dont la société doit être nettoyée. Des nouvelles tendencieuses et des gros titres comme « La terreur des travestis », « Les travestis répandent à nouveau l'horreur » mènent à une polarisation dans laquelle « nous; en tant que celles qui ont besoin de protection » sommes placées contre « eux; un élément inhumain de la société qui menace notre sécurité »; cela constitue une contribution indirecte aux crimes de haine.

Nous, Lambdaistambul, exigeons que les régulations nécessaires soient faites dans la loi afin de prévenir les crimes de haine à l'encontre des personnes LGBT. Nous exigeons que la police agisse de manière plus responsable sur les affaires de crimes de haine et que les médias considèrent ces affaires avec une attitude similaire et cessent de montrer les personnes LGBT comme des personnes devant être éradiquées. Rien qu'en faisant cela, ces crimes de haine qui font des dizaines de morts pourraient être stoppés.
Toutes nos condoléances aux proches des victimes de crimes de haine."

Lambdaistanbul LGBTT Dayanisma Dernegi
Tel: +90 (0) 212 245 70 68
Istiklâl Caddesi, Katip Celebi Mah. Tel Sok. No: 28/6 Kat:5
Beyoglu - Istanbul
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